• Conférence Stéphane BLOCQUAUX : Les jeunes face à internet et au monde virtuel. Quel impact identitaire ?

     

    168 élèves de 4ème, 120 adultes du BS et plus de 150 parents ont été sensibilisés sur Internet, son impact identitaire sur les jeunes et les problèmes liés à son addiction. Stéphane BLOCQUAUX est docteur en sciences de l’information et de la communication à l’université catholique de l’ouest et a intéressé un large public lors de ce cycle de conférence

    Conférence adultes du BS et parents : mercredi 2 octobre 2019

    On peut dire que Stéphane BLOCQUAUX est une référence dans ce domaine. «J’étais l’un des premiers il y a dix ans à m’intéresser à cette problématique».

    Il a introduit sa conférence en nous exposant les débuts d’Internet, «Vous, vous êtes des Digital migrants , lance-t-il aux parents car vous n’êtes pas nés avec Internet. Vos enfants eux sont des Internet natives car nés avec.»

    C’est de là que vient «la fracture numérique générationnelle» qu’il a évoquée à plusieurs reprises. «Aujourd’hui, il y a des concours d’échographies en ligne ! Vous êtes liké, followé, avant même d’être né !» prend-il comme exemple pour prouver «cette mutation numérique qui a été très vite, trop vite peut-être pour vous.» Il parle de nétaholisme pour décrire la dépendance de certains jeunes à Internet. «Comme pour toute addiction, quand vous les en privés, ils deviennent irritables, dépressifs...».

    Le chercheur nous a exposé les résultats de plusieurs enquêtes, dont une portant sur des 4èmes, le résultat est édifiant : 40% de l’échantillon sont à 30h d’internet par semaine. Stéphane BLOQUAUX nous décrit que les enfants ne sont pas tous égaux sur l’impact des écrans sur leur comportement, il parle de génération hybride. 

    Enfin, il évoqua les réseaux sociaux, leurs dangers en prouvant qu’il pouvait craquer en moins de dix secondes un code Facebook ! Il a aussi expliqué que même en page privée, ou en effaçant l’historique, et même en ayant des logiciels spéciaux rien ne s’efface «tout reste à vie», car les serveurs qui relaient leurs recherches eux gardent tout. «Ça a refroidi plus d’un de vos enfants...» L’exposition à Internet au cœur du problème, Stéphane BLOCQUAUX ne fait pas de discours culpabilisant mais insiste sur le fait que “tout repose sur l’éducation au virtuel” et en disant “qu’il faut choisir le bon moment pour donner le 1er portable à son enfant”. Ainsi selon lui il n’est pas nécessaire pour un collégien d’avoir un portable et que si ce dernier en est équipé, la 4G et le code sont à éviter.

    Les pistes que proposent Stéphane BLOCQUAUX aux parents sont les suivantes :

    - Maîtriser pour mieux contrôler : faire un pas vers l’enfant en faisant de la veille parentale numérique ou en allant à la rencontre du virtuel afin de faciliter les discussions et l’éducation.

    - Contrôler sans tout interdire : établir un contrat parental numérique, mise en place de l'autoévaluation (l’enfant compte les temps passé devant les écrans // temps d’activités)

    - Interdire si nécessaire : savoir dire non et ouvrir au dialogue

    Les questions des parents portaient sur la légitimité d’avoir un accès au portable de leur enfant, sur la prise en compte du temps d’écran à l’école (qui pour l’intervenant est du temps de travail). Les parents ont parlé de “guerre du numérique”, mais Stéphane BLOCQUAUX leur a répondu : “une guerre ça se gagne” !

    Lors des conférences pour les élèves de 4ème, les élèves étaient très attentifs et les retours que nous avons eus sont très positifs. Le discours franc et précis de Stéphane BLOCQUAUX les a marqués. Il leur a donné des pistes comme la plateforme d’écoute contre le cyber-harcèlement NET ECOUTE.